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C'est un très beau film servi par quatre acteurs de talent. Dussolier a une finesse inégalable, il est très élégant je trouve, ce qui lui confère un jeu assez particulier et agréable. Villeret est comme d'habitude : excellent (comme ça, pas objective ? :D). Mais Lhermitte et surtout Magimel, tout jeune acteur, crèvent l'écran également par la complicité et la solidarité (ainsi que les tensions) qu'ils installent entre les personnages.
Il y a une scène (parmi tant d'autres) que j'aime beaucoup, c'est quand ils sont dans le trou tous les quatre, et qu'ils se demandent en quoi ils aimeraient être réincarnés s'ils meurent. Jacques, Thierry et André "bavardent" et puis ils se tournent vers Emile qui ne disait rien, et lui demande en quoi il aimerait être réincarné. Et le jeune homme répond d'une voix blanche : "Moi ? Ben en Emile Bailleul. Moi ça me va comme je suis. Je veux pas mourir. Je veux pas mourir." Et là il s'effondre et fond en larmes. C'est une scène très poignante, d'autant que jusque là dans le film, Emile était un garçon sûr de lui, impulsif et tout...
Il y a aussi un élément qui contribue à la réussite de ce film, c'est le personnage de l'allemand (faudra que je recherche le nom de l'acteur), qui garde ces 4 quatre prisonniers. Mais il n'aime pas la guerre et il va redonner l'espoir à nos amis. Ainsi alors qu'il les garde, il leur apprend qu'avant la guerre il était clown et il leur fait tout un numéro auquel les quatres prisonniers rient de bon coeur. Et là, autre scène poignante du film : l'allemand sort un petit accordéon et tout bas, il leur chante "Y a de la joie." Puis, avant de partir, il leur dit : "comme vous dites chez vous : tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir. A demain donc."
Enfin voilà je pourrai citer d'autres scènes mais ça ferait plein de spoilers, donc je m'arrête là ^^

# Posté le vendredi 21 octobre 2005 17:09

Modifié le mercredi 24 octobre 2007 16:23

Hatari

Hatari
Un film de Howard Hawks, avec :
John Wayne < Sean Mercer
Red Buttons < Pockets
Elsa Martinelli < Dallas
Hardy Kruger < Kurt
(1962)

Sean Mercer est à la tête d'un groupe de chasseurs au Tanganyika. Ils capturent des animaux sauvages pour les zoos. Au cours de la capture d'un rhinocéros, le plus vieux du groupe, l'Indien, est blessé à la jambe. Il est immédiatement conduit à l'hôpital et grâce à un don de sang, il est hors de danger. Mais l'équipe se trouve désormais avec un membre en moins, et accepte d'accueillir le donateur qui cherchait du travail, un français. Ce dernier a dès le début trouvé un rival en la personne de Kurt, l'allemand, et ceci ne fait que se renforcer quand ils s'intéressent à la même fille (Betty.) La petite troupe est encore composée d'un comique, Pockets, d'une jeune photographe et d'un espagnol.
Le décor et les animaux servent en fait de prétexte, de cadre, pour mettre en avant des relations humaines, l'amitié qui se lie ainsi que l'amour.

# Posté le dimanche 30 octobre 2005 11:06

Modifié le samedi 06 mai 2006 10:31

Ce que j'en pense

Ce que j'en pense
Hatari, ça fait partie des films typiques qu'on regardait chez moi le dimanche après-midi quand j'étais petite. Je l'ai vu un nombre incalculable de fois et bien sûr, quand j'étais petite, c'était pour les animaux, le c$ôté impressionnant. Maintenant, je saisis mieux la portée de ce film.
Il y a tout ce que j'aime là dedans. Déjà, il y a John Wayne. Bon, on aime ou pas, moi j'adore. Je ne peux pas expliquer, mais cet acteur avait une façon de jouer qui en imposait, que ce soit dans les westerns ou dans d'autres genres (enfin c'est surtout des westerns qu'il a fait d'ailleurs). Il a fait de très grands films : Le grand Sam, Rio grande, Alamo, La charge héroïque, pour ne citer que ceux-là. Mais on oublie trop souvent Hatari, où certes, le personnage qu'il interprète ne sort pas des sentiers battus. C'est un homme qui a la réplique qui tue au bon moment, qui est assez sec et qui repousse les femmes (enfin surtout une), le genre de type un peu blasé, mais le parfait leader. Et pourtant avec le charisme qu'on lui connaît, John Wayne en fait un personnage touchant de maladresse, un peu dépassé par les évènements malgré son statut de meneur...
Ensuite, pour moi dans ce film, tous les acteurs et personnages sont très bons, mais 3 me plaisent particulièrement. Il y a donc Sean Mercer (John Wayne), ensuite il y a Pockets. C'est le comique de service, toujours tête de turc, qui a une peur bleue des bêtes mais qui se retrouve à les chasser... C'est un personnage qui se permet de faire des réfléxions à Sean en se moquant gentiment de lui, et qui est là pour réconforter aussi.
Et le troisième, c'est Kurt, l'allemand. J'aime bien ce type qui connaît son chef parfaitement, qui sait donc avant lui tout ce qui va se passer et qui s'en amuse. Sa rivalité avec le français est assez amusante aussi.
Vous l'aurez compris, sur ce fond de chasse des animaux, le thème réel du film, c'est les relations humaines : comment un petit groupe d'individus (qui comporte deux femmes) arrive à vivre ensemble pendant une saison. Il y a l'amitié, et puis l'amour qui s'installe.
Il y a des scènes et des dialogues excellents, c'est tout dans la finesse, c'est toujours juste et drôle. Mais ces répliques sont efficaces non seulement par le texte en lui-même, mais aussi et surtout par la façon dont les acteurs le joue.
Par exemple à un moment, Sean se rend compte de ses sentiments pour Dallas mais trop tard, elle est partie. Alors en plein petit-déjeuner, on assiste à la scène suivante entre Pockets, Sean et Kurt.
Pockets explique que Dallas lui a laissé une lettre et il la lit. Puis Kurt demande à Sean : mais enfin t'aurais pas dû la retenir ? Ce à quoi l'intéressé répond : mais c'est ce que j'ai fais ! Je suis allé la voir hier soir ! Kurt : Et alors ? Sean : elle m'a fichu dehors ! Kurt (sans cesser de manger, la tête dans son bol) : elle est très forte.
Ce sont des scènes dont la drôlerie repose vraiment sur l'attitude des acteurs, mais c'est franchement drôle.
Donc voilà, un film que j'aime vraiment beaucoup et qui vaut le coup, même si le résumé n'est pas forcément attrayant. Et il ne faut pas oublier que les scènes de capture des animaux sont vraiment remarquablement filmées !

# Posté le dimanche 30 octobre 2005 11:24

Modifié le jeudi 31 mai 2007 14:59

Les Ames grises

Les Ames grises
Un film de Yves Angelo, avec :
Jacques Villeret < le juge Mierck
Jean-Pierre Marielle < le procureur Destinat
Denis Podalydès < le policier
(2004)

L'histoire se situe pendant l'hiver 1917, dans une petite ville de l'est de la France. La guerre, la violence et le bruit sont proches. Les soldats partent vers le front ou déambulent dans les rues, en se comportant comme des bêtes. Un jour, une petite fille est retrouvée noyée. L'enquête sur le drame commence. Destinat, le procureur solitaire et peu liant est apparement la dernière personne à avoir parlé avec la jeune fille. Le juge Mierck refuse cette hypothèse. Face à ce procureur qui semble pareil à un fantôme et à ce juge cynique et ignoble, un policier va avec ses petits moyens, enquêter pour trouver le coupable, tout en vivant un drame personnel à côté.

# Posté le lundi 31 octobre 2005 19:28

Modifié le samedi 06 mai 2006 10:35

Mon avis :

Mon avis :
C'est un film qui peut déplaire, pour plusieurs raisons. En effet, le rythme est (très) lent, et cela pourra en rebuter plus d'un. Personnellement, même si effectivement certaines scènes sont longues, je trouve que ce rythme est nécessaire pour l'atmosphère du film. Cela lui confère une sorte de climat oppressant.
Ensuite c'est encore un film où la performance des acteurs vaut le coup d'oeil. On a d'un côté Jacques Villeret, qui déroute parce qu'on est pas habitué à le voir dans de tels rôles. Il interprète en effet un juge cynique et carrément ignoble, manipulateur et tout ce qu'on veut. Il est vraiment écoeurant. Pour vous donner un exemple, quand le cadavre de la petite fille est découvert, ils sont tous autour et il prend soudain au juge l'envie de manger un oeuf à la coque. Et il mange son oeuf devant le "spectacle", sous les regards incrédules du maire et des autres... Villeret s'en sort à merveille, il est détestable à souhait^^
Et d'autre part, on a Jean-Pierre Marielle, que je vois à l'écran pour la première fois (mais que je connaissais de nom quand même). Et je comprends pourquoi, quand on parle de lui, on fait toujours allusion à sa voix^_^ C'est vrai qu'il a une voix assez spéciale quand même. Il a aussi et surtout une sacrée présence je trouve. Je ne sais pas si c'est dû au rôle où si il est toujours comme ça, mais il a beaucoup de charisme je trouve. Il interprète le procureur Destinat, un homme dont la femme est morte alors qu'elle était encore toute jeune. Cet homme est obsédé par la laideur, la vieillesse. Il vit comme un fantôme, il semble constamment lointain.
L'intrigue est rondement menée, même si la fin pourra ne pas plaire à tout le monde. C'est en effet une fin ouverte, libre au spectateur de se faire sa propre conclusion.
Et je termine sur cette phrase que j'ai beaucoup aimé dans le contexte (à partir de là ne lisez plus si vous n'avez pas vu le film). A un moment, le procureur apprend au policier que le juge est mort. Et il conclue : Après tout, si l'enfer existe, autant qu'il serve.
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# Posté le lundi 31 octobre 2005 19:37

Modifié le samedi 06 mai 2006 10:39