Hatari, ça fait partie des films typiques qu'on regardait chez moi le dimanche après-midi quand j'étais petite. Je l'ai vu un nombre incalculable de fois et bien sûr, quand j'étais petite, c'était pour les animaux, le c$ôté impressionnant. Maintenant, je saisis mieux la portée de ce film.
Il y a tout ce que j'aime là dedans. Déjà, il y a John Wayne. Bon, on aime ou pas, moi j'adore. Je ne peux pas expliquer, mais cet acteur avait une façon de jouer qui en imposait, que ce soit dans les westerns ou dans d'autres genres (enfin c'est surtout des westerns qu'il a fait d'ailleurs). Il a fait de très grands films : Le grand Sam, Rio grande, Alamo, La charge héroïque, pour ne citer que ceux-là. Mais on oublie trop souvent Hatari, où certes, le personnage qu'il interprète ne sort pas des sentiers battus. C'est un homme qui a la réplique qui tue au bon moment, qui est assez sec et qui repousse les femmes (enfin surtout une), le genre de type un peu blasé, mais le parfait leader. Et pourtant avec le charisme qu'on lui connaît, John Wayne en fait un personnage touchant de maladresse, un peu dépassé par les évènements malgré son statut de meneur...
Ensuite, pour moi dans ce film, tous les acteurs et personnages sont très bons, mais 3 me plaisent particulièrement. Il y a donc Sean Mercer (John Wayne), ensuite il y a Pockets. C'est le comique de service, toujours tête de turc, qui a une peur bleue des bêtes mais qui se retrouve à les chasser... C'est un personnage qui se permet de faire des réfléxions à Sean en se moquant gentiment de lui, et qui est là pour réconforter aussi.
Et le troisième, c'est Kurt, l'allemand. J'aime bien ce type qui connaît son chef parfaitement, qui sait donc avant lui tout ce qui va se passer et qui s'en amuse. Sa rivalité avec le français est assez amusante aussi.
Vous l'aurez compris, sur ce fond de chasse des animaux, le thème réel du film, c'est les relations humaines : comment un petit groupe d'individus (qui comporte deux femmes) arrive à vivre ensemble pendant une saison. Il y a l'amitié, et puis l'amour qui s'installe.
Il y a des scènes et des dialogues excellents, c'est tout dans la finesse, c'est toujours juste et drôle. Mais ces répliques sont efficaces non seulement par le texte en lui-même, mais aussi et surtout par la façon dont les acteurs le joue.
Par exemple à un moment, Sean se rend compte de ses sentiments pour Dallas mais trop tard, elle est partie. Alors en plein petit-déjeuner, on assiste à la scène suivante entre Pockets, Sean et Kurt.
Pockets explique que Dallas lui a laissé une lettre et il la lit. Puis Kurt demande à Sean : mais enfin t'aurais pas dû la retenir ? Ce à quoi l'intéressé répond : mais c'est ce que j'ai fais ! Je suis allé la voir hier soir ! Kurt : Et alors ? Sean : elle m'a fichu dehors ! Kurt (sans cesser de manger, la tête dans son bol) : elle est très forte.
Ce sont des scènes dont la drôlerie repose vraiment sur l'attitude des acteurs, mais c'est franchement drôle.
Donc voilà, un film que j'aime vraiment beaucoup et qui vaut le coup, même si le résumé n'est pas forcément attrayant. Et il ne faut pas oublier que les scènes de capture des animaux sont vraiment remarquablement filmées !